Seba, livres et autres bonnes choses...

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Musique

Fil des billets

mardi 27 septembre 2016

UNE EXPÉRIENCE AU VILLAGE

Abbe Ngayihi  a dit : « Je ne suis pas un chanteur, c’est pour cette raison que j’aime bien accompagner mes albums de texte qui dit l’esprit de chaque titre »

À l’origine, il y a une idée qui se matérialise d’abord par le texte et ensuite la musique. C’est ainsi que j’ai reçu le nouvel album d’Abbe Ngayihi. Un condensé de culture Ekang qui emprunte les chemins des sens pour nourrir nos émotions et celui du cœur pour toucher les choses de l’esprit.

Abbe à bien fait et il est content. Moi aussi. Cela lui a pris du temps, un temps long et le résultat est là. Dix titres qu’on apprécie dans toutes les circonstances, du réveil à la fin de la journée : le son est bon.

Achetez l’album, lisez le livret, écoutez la musique et partagez votre expérience.

Voici la mienne :

La première fois que j’ai vu l’album, mon attention a tout de suite été retenue par les illustrations.  Des traits de crayons qui donnent les contours des musiciens qui y ont joué, et enjolivent la pochette, le CD et le livret qui vont ensemble. J’ai ensuite lu le contenu du livret et enfin je me suis mis à l’écoute.

Chaque titre de l’album à une saveur singulière, qui mis bout à bout, reconstruit un parcours et raconte une histoire, celui du retour au village, des retrouvailles avec ses racines : « Owé me mà yén atàn !! (Oui j’ai revu le village !!) / Retrouver ce chemin de terre / Respirer ces senteurs » Atàn [Titre 1 – 8mn19’’]

Un retour au village nous plonge dans l’enfance, car « Chacun de nous a gravé dans son cœur / Un souvenir, tout petit, hérité de son enfance / Un cadeau qui de temps en temps refait surface » Ikom a mbass [Titre 2 : 7mn00’’] 

Un retour au village qui remet dans notre mémoire ce que nous sommes ; « les Mvog namni, querelleurs, bagarreurs, impétueux, courageux, facétieux, tenaces, festoyeurs » Mvog Namni [Titre 3 – 5mn42’’]. Il nous rappelle également que nous sommes d’abord enfants d’Afrique, bantous, Béti, Eton, Ewondo et fiers de l’être : « Bî bongo Ewondo / Bî bongo Béti / Bî a djem Bikutsi » Bongo Ewondo [Titre 5 – 4mn40’’].

Abbé interroge ce peuple qui est le sien et également le nôtre : sur le mensonge, « Alors cesse tes mensonges, mon amour / Je t’aime et c’est pour la vie, mon amour » Minal mi [Titre 4 – 5mn09] ; sur la paix, par « La voix de la princesse Amand’la / La voix d’une princesse éprise de paix / La voix d’une fée bénissant sa terre : L’Afrique » Amand’la [Titre 6 – 5mn34’’ ] ; sur la vengeance, « Tu es entrée dans ma vie ma chérie / Et tes amants aussi t’ont suivi ma chérie / Encore ce coup de bambou /… / Je t’ai accueilli comme je te banni aujourd’hui / Et il est pour toi cette fois, le coup de bambou » Bambou [Titre 7 – 4mn20’’] ; sur l’alcoolisme avec le personnage de Ndjana qui aime vraiment l’odontol mais n’est pas soûlard, « Surtout celui du matin qui te réchauffe bien / Et puis celui de sept heures trente, il est bon celui-là ! / Et celui de huit heures aussi… / Même celui d’après… / Et puis celui d’après encore…  » Ndjana [Titre 8 – 5mn02’’] ; sur la condition de l’homme, un homme qui disparaît et laisse place à un corps sans âme, des numéros, « Pitié ! Pitié ! J’ai une âme / Je suis vivant ! Je suis humain ! / Plutôt qu’un chiffre / Ou un nombre / Mettez un visage… / Juste un visage… Pour plus d’humanité. » Ledger [Titre 9 – 8mn17’’].

Abbe nous oblige avec cet album rythmé et harmonieux, à reconsidérer nos parcours et à envisager de nouvelles expériences. Surtout, il ne manque pas de le dire en mot et en musique : « Au commencement une idée, comme un souffle / Puis ce souffle grandi comme une nécessité, une urgence / Et l’idée s’échappe, de cette âme vers l’âme voisine / Un unisson envers et contre tous / Il faut transmettre l’idée, convaincre, une nécessite disais-je / La voilà qui prend vie s’envole, comme une épidémie » Pompol [Titre 10 – 4mn53’’]

Lisez et écoutez le message du village, Atàn

Atàn, Abbe Ngayihi, Jazz Ants 2015

Avec :

Abbe Ngayihi (Piano, Composition, Arrangements), Terrence Ngassa (Trompette), Jean-Baptiste Tarot (Saxophone Alto), Jean-Jacques Elangue (Saxophone Tenor), Pierrick Biffot (Basse Electrique), Jean-Baptiste André (Contrebasse), Guy Nwogang (Batterie), Ronan Despres (Batterie), Mickaël Jamier (Batterie)

Contact booking : +33 (0)6 67 70 05 65 / Email : booking@jazzants.com

mercredi 14 octobre 2015

ANDRÉYA OUAMBA, il a une forme olympique

Wakeu Fogaing

Hier, le 13 octobre 2015, nous avons eu l’occasion pour la représentation générale de se mettre sous la dent sa nouvelle performance énergique. Andréya Ouamba prends l'Afrique d'un bout à l'autre, autant par la variété de son casting que par la diversité des genres conçus et mis en espace : danse, musique, interprétation théâtrale.

« J'ai arrêté de croire au futur... » une création 2015, met à nu la maîtrise du chorégraphe congolais vivant au Sénégal. Il embrasse avec acuité l'actualité socio-politique d'une part importante de l'Afrique actuelle. Il y a un président à vie, père fondateur de la nation, instaurateur de la démocratie avancée et face à lui, un peuple d'une vitalité qui contraste avec l'oppression qui règne. Un peuple qui à bout de souffle, entre dans une mutation physique et mentale...

Avec
Danseurs : Clarisse Sagna, Fanny Mabondzo, Aicha Kaboré, Marcel Gbeffa, Jean-Robert Koudogbo
Comédien et auteur : Wakeu Fogaing
Compositeur et musicien : Aymeric Avice
Scénographie : Jean-Christophe Lanquetin
Assistant scénographe : Ikhyeon Park
Création lumières : Cyril Givort
Costumes : Hélène Meyssirel

Spectacle à voir du 14 au 18 octobre 2015
Théâtre de La Ville, Les Abesses, 31 rue des abbesses Paris 18

dimanche 30 août 2015

ÇA Y EST, "A long lone way" est là

Nous avons assisté au concert de présentation du nouvel album "A long lone way" hier, samedi 29 août 2015. L'occasion pour nous de découvrir le fruit du duo Nicolas Genest, Yvan Robillard. Dix titres raffinés, joués avec précision qui nous ont permis d'apprécier la manifestation de la maturité et du potentiel en pleine exploration. Une musique saine, qui ne souffre d'aucun son pouvant heurter la sensibilité d'une oreille averti. Une musique qui invite à un changement permanent de l'état émotionnel, jusque chez les moins d'un an. 

Séduit par l'ensemble de l'album, un titre retient l'attention : 7. DOMBOLO [Nicolas Genest] 4'51. Ce mot interpelle tout de suite un amateur qui suit de près ou de loin la musique d'essence Kinoise. Le Ndombolo d'abord danse inspirée par la démarche de Laurent Désiré Kabila alors président de la République démocratique du Congo. Ensuite musique vulgarisé pendant les années 1996 - 2000 par des légendes comme Koffi Olomidé, Papa Wemba, JB Piana... Ici, il nous renvoi à la diversité que l'on retrouve dans la création musicale de Nicolas Genest

Album à découvrir et à offrir à toutes les oreilles.

Nicolas Genest & Yvan Robillard "A long lone way" Cristal Records, 2015


samedi 4 juillet 2015

JACK DJEYIM, virtuose de la sanza


Il était hier en concert en plein cœur de Paris, dans le 1er arrondissement. Bavard sur scène, il nous a conté son parcours. 
Auprès de ceux que son entourage nommait des villageois, il a dans la joie fait sa première école musicale. Fils de Magni, situé entre deux jumeaux dans une grande fratrie, il a très tôt su saisir le contexte favorable d’un univers familial pour s’initier à la Sanza. Hier en rendant entre autre hommage à Magni, la mère des jumeaux, il nous a fait découvrir à quel point il avait acquis la maîtrise de cet instrument aux multiples sons.

Discographie sélective : 
- Sanza Trio Family, Magni, Djeyim 2013


lundi 1 juin 2015

JUST FRIENDS JAZZ LAB, une institution par Jean-Jacques Elangué


En passe d'être le meilleur de la scène Parisienne sur son instrument, Jean-Jacques Elangué est un musicien complet. Saxophoniste, compositeur, arrangeur et de plus en plus parolier, au fil des années, il a transformé le 1, rue des envierges en laboratoire musical : Le Just Friends Jazz Lab. Un concept qui prône la liberté musicale. Entre amis, le dialogue avec l’instrument est la règle. Un dimanche sur deux, dès 17h, la guitare s'adresse à la batterie, le piano à la voix, la flûte au violon, le violon à la basse et le saxophone ténor de conduire les conversations.

Ce dimanche était aussi chaleureux que les autres.

Jean Jacques Elangué sera également en concert avec le Kelin Kelin' Orchestra le 11 juillet 2015 au New Morning à Paris.

lundi 25 mai 2015

BRICE WASSY, la renaissance du rythme

"L'improvisation rythmée est la base des musiques traditionnelles: on peut dire qu'elles seront éternellement jazz.", Brice Wassy, batteur, compositeur et pédagogue. Il poursuit sa démarche artistique en explorant avec finesse les richesses musicales d'Afrique. Sa méthode associée à l’imagination et à l’imitation offre de multiples possibilités de création et d’improvisation. Il nous sensibilise à la perception rythmique et nous accompagne vers un rapprochement instinctif et naturel d'un rythme à un mouvement, à l’occasion des masters class et des ateliers qu’il dirige. Retrouvez-le en formation big-band avec le Kelin Kelin' Orchestra, en quartet Kù Jazz ou à l'occasion des ateliers de rythme.

dimanche 24 mai 2015

VALERIE BELINGA, une voix raffinée


Après deux soirées exceptionnelles avec le Kelin Kelin' Orchestra, dans le lieu qui reçoit le big band qui marquera sûrement le renouvellement musical de son temps, un nom retient l'attention : Valérie Belinga, programmée le 27 mai 2015 à 21h30.
Issue d'un environnement propice à la création artistique et intellectuelle, elle a su développer son talent vocal, transformant ainsi sa voix en un instrument raffiné. Nourrie par un parcours qui l'a conduit entre autres vers Manu Dibango et Cesaria Evora, elle présente aujourd'hui le VALERIE BELINGA PROJECT, un pont culturel entre l'Afrique et sa diaspora américaine. Un hommage à deux illustres voix africaines américaines : Nina Simone et Abbey Lincoln.
Avec Valérie Belinga voix, Peter Giron basse, Julien Coriatt piano, John Betsch batterie.

samedi 23 mai 2015

KELIN KELIN' ORCHESTRA au Baiser Salé


À chaque spectacle nous sommes toujours étonné par la richesse musicale du Kelin Kelin' Orchestra. Hier, c'était une nouvelle occasion de sentir du son, du bon son. Des musiciens à la fois excellents danseurs et multi-instrumentistes : percussionnistes, soufflants... Passant les uns les autres du piano à la batterie, de la batterie au tap dance, du saxophone au piano... Bref un mélange explosif de sonorités africaines poussées à ses limites.