Seba, livres et autres bonnes choses...

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jeudi 24 mars 2016

AFROTOPIA, un livre qui aiguise la curiosité

book haul #Afrotopia

Lire Felwine Sarr, Afrotopia (Philippe Rey, 10 mars 2016) surprend par la manière inattendue avec laquelle l'auteur partage ses idées sur les thématiques traitées. Au fil des pages le doute s'installe chez le lecteur. Et, à l'issue des 155 pages, on est suffisament perplexe pour être obligé de consulter quelques anciennes lectures afin de lever toute ambiguité.

lundi 14 mars 2016

À CLICHY, une initiative superbe

Convivial, joyeux et enrichissant, voilà quelques mots pour qualifier le Salon du livre Jeunesse Afro-Caribéen qui a eu lieu du 11 au 13 mars 2016 à Clichy (92 - France). Pour cette 5e édition, L’Association d’Un Livre à L’Autre portée par Fatou Nianghané, nous a offert l’occasion de se rapprocher un peu plus.

Des histoires qui nous parlent, des personnages auxquels on s’identifie naturellement dans des livres agréables à lire pour les jeunes et les moins jeunes.

Des ingrédients classiques, garde–fou pour toute désorientation ; contes d’Afrique noire, contes Créole, contes Arabe…

Des activités variées pour s’ouvrir à d’autres horizons : ateliers d’illustrations, découverte des hiéroglyphes…

Et bien sûr, en marge des bonnes choses pour le bien de l’esprit, celles qui nourrissent le corps. Les standards ; Yassa, Thieb, Maffé, Bissap, Gingimbre…

C’est ce que nous avons vu, parcouru et dégusté chez les différents exposants. Tout ça orchestré par des bénévoles accueillants et d’une bonne humeur inébranlable. Malgré l’émotion intense liée à l’organisation.

En savoir plus sur l’association et ses activités https://assodunlivrealautre.wordpress.com

(c) Photo Les Etoiles Noires

vendredi 4 mars 2016

LES BOUTS DE BOIS DE DIEU, la vie dans la colonie


UN AUTEUR QUI MARQUE SON TEMPS

D'avril à novembre 1922, la France fait à Marseille, la démonstration de la richesse de sa mission civilisatrice, grâce à l'Exposition coloniale. La deuxième du genre dans la plus ancienne ville du pays des Lumières. Moins de deux mois après cette mise en situation spectaculaire, Ousmane Sembène naît, le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, dans la Casamance (Sénégal). 

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mardi 9 février 2016

TOUTANKHAMON, une tragédie impressionnante

Nous avons eu l’occasion de rencontrer l’homme détendu et soigné, lors d’une rencontre dédicace en fin d’année 2015, en France, dans la région parisienne. 

Pour mon exemplaire, ce fut une dédicace qui m’a poussé à me plonger sans patience dans le nouveau livre de Kama Sywor Kamanda, « Toutankhamon » : « Cette tragédie africaine pour alimenter le présent avec la richesse du passé ». Une phrase qui colle parfaitement avec d’autres qui offrent des perspectives nouvelles : « Le retour à l'Egypte dans tous les domaines est la condition nécessaire pour réconcilier les civilisations africaines avec l'histoire, pour pouvoir bâtir un corps des sciences humaines modernes, pour rénover la culture africaine. » p12 Civilisation ou barbarie de Cheikh Anta Diop, Présence Africaine, Paris 1981.

C’est donc ouvert à de nouvelles perspectives que j’attaque le prologue de cette mise en scène de l’histoire de Toutankhamon. Un prologue qui donne tout de suite les billes pour entrer avec aisance dans la pièce de théâtre en cinq actes sur 337 pages.

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samedi 2 janvier 2016

IL NOUS FAIT CONFIANCE


L'auteur (l'air sérieux mais détendu ) : Je m'appelle Wakeu Fogaing. Je suis comédien, metteur en scène et auteur. J'écris depuis 1987. J'ai commencé par la poésie et finalement je me suis senti à l'aise au théâtre plus que partout ailleurs. En 1993, je crée la compagnie Feugham à Bafoussam (Cameroun) pour donner à voir du théâtre professionnel. Vingt et deux ans après, la ville n'a toujours pas d'autres compagnies. J'ouvre les veines du temps avec le spectacle pour que l'ennuie ne prend pas corps en ceux qui pensent qu'on a le droit de dire.

Wakeu Fogaing, « Le revers de la haine », théâtre, 27 janvier 2016, 86 pages, 8 € - www.tehameditions.com/9791090147171

(c) Photo Prosper Mekem (Perez)

lundi 21 décembre 2015

KAMTIOU, le nouveau Kemty de Biyong Djehuty


Il s'agit du dernier Kemty sortie chez Djehuty Graphics le 17 décembre 2015. Nous avons eu l'occasion de rencontrer l'auteur lors du Marché de Noel Africain qui s'est tenu le samedi 19 décembre 2015 dans le 13e arrondissement de Paris (France). Une opportunité de se rendre compte de la joie et la bonne humeur avec laquelle il parle de ses différentes créations. Celui que nous allons lire venant en sixième position après : Chaka, L'enfant d'un roi; Maafa; Isis et Osiris; Soundjata, La bataille de Kirina; Kama, Il était une fois en Afrique.

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lundi 14 décembre 2015

UN CHOIX PAR HASARD POUR UNE PROSE AGRÉABLE

UN CHOIX PAR HASARD
La foire du livre de Dakar est une belle occasion de rencontres et de découvertes. Pour nous, c'est sur le stand des éditions Nara que la découverte a eu lieu. A la suite d'un bref échange avec l'éditrice de la jeune maison d'édition, un livre avec une couverture marquée par une contradiction saisissante a accroché mon attention. Un titre guerrier qui se pose sur le haut d'une illustration mettant en scène un homme et une femme debout, s'échangeant des regards affectueux dans un long couloir semblable à ceux que l'on retrouve dans les centres pénitenciers. La quatrième de couverture nous fournit des éléments supplémentaires sur la prose de Youssou Diop. Elle nous dit qu'il y a Abib Sylla qui a choisi un métier lui permettant de « veiller et participer au respect scrupuleux de la justice ». Elle nous dit également qu'il y a Maty Ndiaye qui est une « surveillante de l'administration pénitentiaire ». Elle nous dit enfin que Maty et Abib se rencontrent de « façon fortuite » sur le lieu de travail d'Abib. La couleur est annoncée... 

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mardi 17 novembre 2015

FOIRE DU LIVRE DE DAKAR 2015, c'est terminé ! vive la suite !

À l'occasion de la 15e foire du livre de Dakar du 11 au 16 novembre 2015, vous avez été nombreux à nous rendre visite et à participer à nos rencontres : sortie de notre dernier livre « La souris qui vole » ; présentation de nos cahiers de dessin « Medou » ; présentation en présence de deux lauréats, du concours d'écriture « J'écris, je dis » et dédicaces de Mamadou Samb, Seydi Sow et Babakar Mbaye Ndaak. 

Des sceptiques allant à la découverte, aux convaincus déroutant, en passant par les indécis, nous nous étions promis d'offrir le meilleur accueil à chacun d'entre vous. Nous espérons l'avoir fait. 

Après ces six jours ensemble, c'est un grand boulevard qui s'ouvre devant nous. Nous vous invitons à faire le chemin ensemble. Suivez nos activités et nos publications. Procurez-vous nos livres. Lisez-les et partagez votre expérience de lectrices avec nous.

Savoir où trouver nos livres...

mercredi 21 octobre 2015

BABAKAR MBAYE NDAAK, il nous rejoint

Il est artiste conteur, enseignant et Président de l'association LEEBOON CI LEER, des conteurs du Sénégal.
Babakar Mbaye Ndaak « est issu de l'oralité du Kajoor. Il est un fils et petit-fils de griots de la noblesse traditionnelle. Mais il est aussi un descendant de l'empereur du Jolof Njaajaan Njaay par son père Samba Yaasin ! »

Nous l'avions vu à l'oeuvre à l'occasion de la Foire du livre de Dakar 2013. Captivant, face à des jeunes attentifs à ses contes et récits. Il nous a fait confiance et nous rejoint avec le recueil « la souris qui vole » à paraître en novembre 2015.

mercredi 14 octobre 2015

ANDRÉYA OUAMBA, il a une forme olympique

Wakeu Fogaing

Hier, le 13 octobre 2015, nous avons eu l’occasion pour la représentation générale de se mettre sous la dent sa nouvelle performance énergique. Andréya Ouamba prends l'Afrique d'un bout à l'autre, autant par la variété de son casting que par la diversité des genres conçus et mis en espace : danse, musique, interprétation théâtrale.

« J'ai arrêté de croire au futur... » une création 2015, met à nu la maîtrise du chorégraphe congolais vivant au Sénégal. Il embrasse avec acuité l'actualité socio-politique d'une part importante de l'Afrique actuelle. Il y a un président à vie, père fondateur de la nation, instaurateur de la démocratie avancée et face à lui, un peuple d'une vitalité qui contraste avec l'oppression qui règne. Un peuple qui à bout de souffle, entre dans une mutation physique et mentale...

Avec
Danseurs : Clarisse Sagna, Fanny Mabondzo, Aicha Kaboré, Marcel Gbeffa, Jean-Robert Koudogbo
Comédien et auteur : Wakeu Fogaing
Compositeur et musicien : Aymeric Avice
Scénographie : Jean-Christophe Lanquetin
Assistant scénographe : Ikhyeon Park
Création lumières : Cyril Givort
Costumes : Hélène Meyssirel

Spectacle à voir du 14 au 18 octobre 2015
Théâtre de La Ville, Les Abesses, 31 rue des abbesses Paris 18

dimanche 4 octobre 2015

« J'ECRIS, JE DIS » la Solidarité, partage, échanges et fin

Certains sont venus de Paris, de Lyon, d'autres à Dakar ont été représentés par des proches.

Pendant que les textes lus par Emon-Meye Mullenda nourrissaient les esprits, le son sorti du ganzaval d'Emilio Bissaya adoucissait les coeurs. Le jus de gingembre, de bissap et les pastels de poisson prposés par Le Petit Dakar, eux, réjouissaient les corps.

L'après-midi du 3 octobre 2015, le jour de la rencontre de clôture de « J'écris, je dis » fut agréable. Les participants présents ont pu témoigner de leur expérience. Le jury a pu mettre les visages sur les textes. Ainsi, nous avons su que le texte ayant reçu le premier prix, celui de Jude Joseph intitulé « Vieux bossu (Dos montagne) » était inspiré par une histoire de l'enfance de l'auteur en Haïti. Le jury nous a également édifié sur les critères d'appréciations, qui offraient de manière équitable la possibilité à chaque participant d'être dans la liste de sélection, voir d'être parmi les primés.

Pour finir, les participants ont reçu leur diplôme, un exemplaire du recueil et pour les primés leur prime respective.

Les textes primés :

1er prix
Vieux bossu (Dos Montagne)
Jude Joseph, Paris (France)

2e prix
Ossuaire
Ange Dieudonné Tiangbo, Abidjan (Côte d'Ivoire)

3e prix
Le silence du pilon
Idrissa Sow Gorkoodio, Dakar(Sénégal)

Le recueil : J'écris, je dis, Solidarité, Teham Editions 2015, 64 pages, 10 €

vendredi 25 septembre 2015

J'ÉCRIS, JE DIS : Elle publie un texte à 18 ans


Maylis Plaa, 18 ans, a vu l’une des nouvelles qu’elle a écrites sélectionnée pour une publication dans un recueil qui sort ce 23 septembre.

« Il y en a qui dessinent. Moi, je n’ai jamais su le faire. » À la place, Maylis Plaa écrit. À 18 ans, la jeune femme dit avoir l’impression de coucher ses idées sur papier depuis toujours. « J’ai retrouvé des cahiers de CE2 où j’écrivais déjà des histoires. »

L’envie de vivre de l’écrit

Exilée à Lyon pour ses études en sciences du langage, Maylis a grandi à Charolles et fait toute sa scolarité à Paray.

La jeune femme se dirige vers une carrière de traductrice en langue des signes. « Bien sûr, mon rêve serait de vivre de l’écriture. Si ça marche, tant mieux, mais sinon, il vaut mieux avoir une sortie de secours. »

Dans ses écrits, Maylis aime à s’interroger sur les sentiments. « J’ai une fascination étrange pour les émotions », avoue l’auteure en souriant. C’est encore une fois le thème qu’elle a choisi pour sa nouvelle Qu’est-ce-qui vous anime au fond ? (lire ci-dessous). Un texte qui lui a permis d’être sélectionnée dans le cadre du concours “J’écris, je dis Solidarité”, organisé par les éditions Teham.

Reçue à Paris en octobre

Avec 11 autres textes, la nouvelle de Maylis sera publiée dans un recueil qui paraît dès ce mercredi. « J’avais tenté d’autres concours avant mais ça n’avait pas payé. Là, c’est un aboutissement. Pour moi, c’est génial.»

Une cérémonie se tiendra à Paris, samedi 3 octobre, durant laquelle trois textes seront primés parmi les 12 sélectionnés. « C’est plus excitant que stressant. J’ai hâte d’y être et de savoir si je fais partie des auteurs primés. Mais même si ce n’est pas le cas, je suis heureuse de pouvoir être publiée. »

Qu’est-ce-qui vous anime au fond ?

Le texte présenté par Maylis au concours a été écrit aux environs du mois de mars 2014. « J’étais à Lyon depuis peu, et ce qui m’a frappé, là-bas, c’est que les gens ne sourient pas, ne se regardent pas. J’avais envie de leur demander : “Mais pourquoi faites-vous cette tête ?”. »
Marquée par ce constat, la jeune femme écrit un texte court, d’environ une page, proche de l’essai. Elle l’a envoyé comme participation au concours début juillet et a connu le résultat de sélections au début du mois de septembre.
« J’ai trouvé que ce texte allait bien avec la thématique du concours, la solidarité. Parce que si au lieu de faire la tête, vous souriez à quelqu’un dans le métro, on ne sait jamais, ça peut lui faire du bien. Et ça ne coûte rien. »

Texte de Ludovic Le Gorre paru dans Le journal de Saône-et-Loire (France) du mercredi 23 septembre 2015.

Où le trouver ?
Le recueil J‘écris, je dis solidarité peut être commandé en librairie ou sur le site www.tehameditions.com

À lire
Certains textes de Maylis peuvent être lus sur le web : dreamerfang.skyrock.com

jeudi 24 septembre 2015

L'ECHARPE DES JUMELLES lu par Mouhamadou Baldé

Deux jumelles et une écharpe. Voilà les repères symboliques, autour desquels tourne ce roman de Mamadou Samb. L'auteur raconte l'histoire d'Adama et d'Awa Baldé, deux soeurs jumelles bâillonnées par une tradition impitoyable, qui voient leur destin basculer en une seule nuit. Cette fiction vient gracieusement s'ajouter à la riche bibliographie de Mamadou Samb, du moment qu'il avait déjà publié plusieurs romans dont « De pulpe et d'Orange », dans les années 90, « Ouly la fille de l'aveugle », « Le soleil, la folle et le Taureau ». En 2011, il a été Grand Prix des Lycéens du Sénégal pour son roman « Le Regard de l'Aveugle ».

L'écharpe, dans ce livre, représente les mystères de l'amour dans toutes ses passions. D'une main à une autre, d'un lieu à un autre, cet objet insignifiant, dans un premier temps assimilable au fil d'Ariane, tirera Adama des labyrinthes obscurs d'un destin cruel. Simple cadeau de reconnaissance au départ, cette écharpe servit de prétexte à Adama pour dévoiler l'amour caché qu'elle porte pour Bakary Dabo, le jeune vétérinaire stagiaire parti faire ses premières expériences au village. Dans cette partie introductive de l'ouvrage, le romancier sénégalais Mamadou Samb montre comment l'amour peut naître d'un simple geste tout à fait naturel. Bakary n'arrivant pas a s'entendre convenablement avec les animaux, décide de se confier à Adama, qui lui conseille de s'habiller et de se comporter comme les gens du village. Les façons plus ou moins excentriques de s'habiller à Dakar n'ont pas impressionné les animaux du village! Pour avoir senti la différence, ils ont refusé tout service venant de Bakary. Le lendemain de son entretien avec Adama, il suit à la lettre les recommandations de cette dernière, et c'était comme si les bêtes venaient de le voir pour la première fois. Tout lui réussit. A ce moment même, il sentit le besoin de dire de manière symbolique merci à Adama en lui offrant une écharpe. Mais comme la coutume défend les jeunes filles non encore mariées d'accepter des cadeaux, de quelque nature qu'ils soient, venant d'un homme, si ce n'est pas leur futur époux, elle la refusa aux premiers instant, avant de revenir très tard dans la nuit dans la case du jeune homme pour son présent. Et, ils se laissèrent aller.

Cet ouvrage, on ne peut pas le lire sans être bouleversé par les situations de fortes émotions auxquelles sont confrontés les différents personnages. D'abord Adama, après avoir perdu sa virginité dans le lit de Bakary Dabo, est promise au riche commerçant, le vieux Namory. Sous la pression d'une tradition qui ne badine guère avec les questions de chasteté, elle vécut des jours de grande souffrance. Ensuite Awa, sa soeur jumelle qui lui ressemblait comme le reflet d'un miroir, se voit obligée de s'offrir à Namory pour éviter à leur famille une honte que se rappellerons toutes les générations futures. Après avoir pris la place de sa soeur lors de cette nuit, Awa tombe enceinte de Namory. Alors que ni sa mère gardienne des traditions, ni son père chef coutumier, ni sa société ne concevraient cet acte d'un barbarisme inqualifiable. De très sévères sanctions tomberaient sur sa mère si la nouvelle se sa grossesse se propageait. Là aussi Awa, comme précédemment sa soeur Adama, sera fortement tourmentée par cette grande inquiétude de vouloir dissimuler son « affront ». En effet, Mamadou Samb réussit à accrocher le lecteur dans tous les compartiments du livre. C'est la même chose dans les instants chauds du naufrage; Awa coincée dans sa cabine, fait face à la mort avec deux enfants, leur mère et un nourrisson. Dans cette partie du récit, la charge émotionnelle avec laquelle l'auteur raconte les moments de l'accident, est remarquable. LE naufrage du bateau le Joola, qui a secoué toutes les consciences en septembre 2002, est ici décrit de façon émouvante par une plume mûre trempée dans une encre rompue convulsions de l'humanisme.

Mais... c'est là aussi qu'il faut louer les mérites de M. Samb. A chaque fois qu'un de ses personnages est dans des difficultés, il porte volontiers une belle blouse, tient une grosse piqûre anesthésique qu'il n'hésite pas à injecter aux lecteurs émotifs pour qu'ils soient moins choqués. Adama, qui allait se marier avec un homme qu'elle n'aimait pas, n'allait jamais connaître l'amour de toute sa vie; mais grâce à une écharpe, elle goûtera aux succulentes passions corporelles de l'amour aux bras de Bakary Dabo. Après sa bêtise, Awa la tire d'affaire en sacrifiant son honneur. Cette dernière sort d'une situation plus que désastreuse grâce à tonton Malamine qui l'aide à sortir du village pour aller loger chez maman Pascaline et papa Omar, ses anciens tuteurs. Dans le bateau, à quelques minutes de la mort, les deux enfants se rappelant leurs passe-temps favoris : poupée pour la fille et film pour le garçon, réussissent à supprimer toute la douleur que comporte la mort par noyade. Enfin Bakary, qui allait mourir de chagrin, voit miraculeusement le spectre d'Awa sur la plage qui lui remet l'écharpe qu'il avait offerte à Adama.

Ce roman est d'une richesse indiscutable vu qu'il reflète la condition de la femme et le statut des filles dans les sociétés africaines. Il met en perspective les comportements insidieux qui perpétuent des traditions rétrogrades, comme le mariage forcé et/ou précoce, les violences faites aux femmes et d'autres pratiques socio-culturelles dégradantes. Il cache dans ses colonnes de grandes leçons riches et variées traduites à travers un style décontracté, simple et très accessible. L'originalité des titres des chapitres participe rigoureusement (avec sa touche poétique dans certaines parties) à l'éclat de cette fiction alléchante et instructive à plus d'un titre.

Texte paru dans le bimensuel sénégalais Expressions Littéraires N°27 du 8 au 23 septembre 2015

Lire Mamadou Samb, L'écharpe des jumelles, Teham Editions 2013, 240 pages, 15 euros

mercredi 23 septembre 2015

« J'ECRIS, JE DIS », au bout, partage et convivialités


« J'écris, je dis » la Solidarité arrive à son terme. Le moment est venu pour la clôture de l'édition 2015 de notre concours d'écriture. Nous avons eu le plaisir de vous annoncer la liste de sélection.

C'est avec le même enthousiasme que nous vous annoncerons les textes primés le 3 octobre 2015 à 16h00. Ce jour-là sera également le jour de la remise des prix, des rencontres entre participants, jury et public. Au centre, les textes. Autour, pastels de poisson, jus de bissap, jus de gingembre, bière… enjolivées par des sonorités africaines dans un lieu rafraîchissant et reposant : Le Petit Dakar.

Situé dans le 3e arrondissement de Paris, Le Petit Dakar, chaleureux et coloré est le cadre propice pour le moment de partage et de convivialité que nous vous proposons.

Que vous soyez participant ou non, venez sentir les pulsations qui jaillissent de la moisson littéraire de cette édition.

Le recueil de textes
J'écris, je dis, Solidarité, Teham Editions 2015, 64 pages, 10 €

La rencontre de clôture
Samedi 3 octobre 2015, 16h00 - 18h00 
Le Petit Dakar
6, rue Elzévir
75003 Paris
Métro 1 St-Paul

Réservations (Dans la limite de la capacité d'accueil du restaurant)
Email : jecrisjedis@tehameditions.com
Tél.: 06.67.23.68.56

DESCARTES pour structurer nos actions


Près de 4 siècles après, son enseignement nous parle avec acuité. Comme ceux de Kagemni des millénaires plus tôt ou ceux d'Ahmadou Bamba plus proche de nous, il s'impose dans notre quotidien et nous donne des billes pour rester stable face au désordre ambiant.
Frederick Douglass nous apprend dans ses mémoires que la lecture lui a permis de mettre des mots sur des idées furtives. Des pensées qui à peine avoir effleuré son esprit disparaissent aussi vite qu'une étoile filante. Ainsi, lire lui a donné les moyens de structurer ses pensées et de mieux développer ses réflexions sur son sujet phare : l'abolition de l'esclavage.
Pour sa part, René Descartes, retenu en Allemagne par un hiver rude pendant la guerre de  trente ans, va entrer en discussion avec ses pensées. De longue journée de réflexion et de méditation vont lui permettre d'exprimer ses idées de manière synthétique en les rassemblant dans une formulation claire, précise et accessible à tous.
Hormis les considérations d'ordre philosophique et métaphysique, il est impossible de passer à côté des préceptes énoncés dans son « Discours de la méthode ». Quatre propositions limpides à destination aussi bien du savant que de l'apprenant, qui ne souffre d'aucun défaut de netteté. Quatre outils pratiques à la portée de quiconque fait leur rencontre.
Voici :
« Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je la connusse évidemment être telle : c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinerais en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.
Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusques à la connaissance des plus composés; et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre. »
Ainsi donc, lire Descartes nous conduit à la structuration de nos actions, à l'efficacité.

René Descartes, Discours de la méthode, Gallimard, folio essais, 1997

lundi 14 septembre 2015

Livres : « Muutal », de Seydi Sow

Les éditions Teham publient « Muutal » de l'écrivain sénégalais Seydi Sow.

Quelque part en Afrique de l’Ouest, plusieurs siècles en arrière. Cela fait des nuits que le sommeil du roi Muutal est troublé par les voix des ancêtres. Signe qu’il lui faut en finir avec « le despotisme et le népotisme » et, pour cela, surmonter les bassesses des intrigants comme les caresses des courtisans. Dans cette pièce sur la « fin de règne d’un monarque », l’écrivain sénégalais Seydi Sow proclame que le pouvoir se mérite plus qu’on en hérite : « La suprême insulte du roi est de vouloir asseoir de force à sa place, sur le trône de Janfa, son fils, sans consulter le peuple », fait-il dire à l’un de ses personnages – et l’on ne peut s’empêcher de penser à l’ex-président Abdoulaye Wade. Une façon aussi de rappeler que « la gouvernance démocratique n’a jamais été ignorée des pouvoirs traditionnels en Afrique », comme l’écrit le professeur Emmanuel Magou Faye en après-propos.

Par Fabien Mollon  @Jeune Afrique.com - Livres - Publié le 06 septembre 2015

Muutal, de Seydi Sow, Teham Éditions, 120 pages, 8 euros

dimanche 13 septembre 2015

LE LIVRE GABONAIS, il a fait sa rentrée


Située dans une avenue calme du 16e arrondissement de Paris, la représentation Gabonaise en France a accueilli « La rentrée du livre Gabonais à Paris ». Lumineux et spacieux, doté de larges baies vitrées, rénovés  il y a cinq ans sous l'impulsion du Président Ali Bongo, le Salon et la salle des fêtes de l'Ambassade du Gabon à Paris est le cadre agréable dans lequel auteurs, éditeurs, librairie et public se sont côtoyés pendant la journée du samedi 12 septembre 2015. Les amateurs et les acteurs de la littérature gabonaise ont afflué pour cette journée de découverte et d'échange.

Dès l'arrivé, le public a été  reçu par le stand de La Doxa Editions qui est également l'organisatrice de cet événement annuel. Ensuite, les différents éditeurs et auteurs avec leurs œuvres. Ce fut l’occasion de découvrir les nouveautés des éditions Dagan, les nouvelles acquisitions de la Librairie Tamery et de multiples ouvrages sur le Gabon et des auteurs gabonais. Ce fut également l’occasion de partager des moments d'échange, de conte et de musique.

À la sortie, un ouvrage d'Éric Joël Békalé paru chez Dagan a particulièrement retenu l'attention : « 50 figures de la littérature gabonaise de 1960 à 2010 ». À lui tout seul, il permettra de prolonger une initiation à la littérature gabonaise au delà de la journée.

jeudi 10 septembre 2015

FILDAK 2015


Chaque deux ans, la Direction du Livre et de la Lecture sous l'impulsion du Ministère de la Culture et de la Communication du Sénégal organise la FILDAK. Du 11 au 16 novembre 2015 le public ira à la rencontre des acteurs du livre pendant la 15e édition de La Foire Internationale du Livre et du Matériel Didactique de Dakar (FILDAK). Ce sera l'occasion de découvrir la riche et diverse production culturelle du Sénégal et de l'Afrique, de rencontrer et d'échanger avec les auteurs.

Lieu : Parc des Expositions CICES - Yoff - Dakar

dimanche 6 septembre 2015

LIRE POUR S'EMANCIPER, l'expérience de Douglass


Dans ses mémoires, Frederick Douglass décrit avec simplicité et clarté sa vie d'africain soumis à l'esclavage par l'européen et sa vie d'homme libre. Paru en 1845, la première édition intitulée « Narrative of the life of Frederick Douglass, an American Slave. Written by himself » marqua les esprits et le propulsa au devant des auteurs de récits autobiographiques de l'époque.

Ce récit de près de deux siècles, par certains aspects reste vivement d'actualité.

Tiens !

À l'âge 8 ans, après avoir été initié à l'alphabet par sa maîtresse, le jeune Frederick commence à lire ses premiers mots avant d'être brutalement interrompu par son maître. Car, l'esclave qui a apprit à lire « plus jamais il ne pourra être un bon esclave. » Ce coup d’arrêt au lieu de le décourager fut une révélation. Tout ce que son maître méprisait trouvait grâce à ses yeux et toutes les raisons que son maître mettant en avant pour le démotiver n'était que source de motivation et de détermination pour le goût la lecture.

À l'âge de 12 ans il tombe sur « The Columbian Orator », un livre réunissant plusieurs textes et utilisé comme manuel de littérature dans les écoles américaines à son époque.

Écoutons-le : « Je les lus et relus avec un intérêt qui ne faiblissait pas. Ils mettaient des mots sur des idées intéressantes qui se trouvaient en mon âme, qui avaient souvent jailli en mon esprit mais qui était aussitôt mortes fautes de pouvoir être exprimées. [...] Lire ces textes me permettait de structurer ma pensée et de réfuter les arguments avancées pour défendre l'esclavagisme... »

À l'âge de 20 ans, il s'enfuit retrouve la liberté et s'installe à New Bedford dans le nord est des États-Unis. Libre, il sera un anti-esclavagiste acharné jusqu'à l'abolition en 1865.

Lire Frederick Douglass, Mémoires d'un esclave, Lux Éditeur, Quebec 2006

jeudi 3 septembre 2015

LE LIVRE GABONAIS, il fait sa rentrée

C'est le 12 septembre 2015 à l'Ambassade du Gabon à Paris que La Doxa Editions présente "La rentrée du livre gabonais de Paris". De 10h à 20h ce sera l'occasion de découvrir plusieurs auteurs et éditeurs gabonais autour du thème : Écritures féminines gabonaises.

La rentrée du livre gabonais de Paris

Samedi 12 septembre 2015, 10h-20h
Ambassade du Gabon à Paris 
26bis, av. Raphaël 75106 Paris

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