Les éditions Teham publient « Muutal » de l'écrivain sénégalais Seydi Sow.

Quelque part en Afrique de l’Ouest, plusieurs siècles en arrière. Cela fait des nuits que le sommeil du roi Muutal est troublé par les voix des ancêtres. Signe qu’il lui faut en finir avec « le despotisme et le népotisme » et, pour cela, surmonter les bassesses des intrigants comme les caresses des courtisans. Dans cette pièce sur la « fin de règne d’un monarque », l’écrivain sénégalais Seydi Sow proclame que le pouvoir se mérite plus qu’on en hérite : « La suprême insulte du roi est de vouloir asseoir de force à sa place, sur le trône de Janfa, son fils, sans consulter le peuple », fait-il dire à l’un de ses personnages – et l’on ne peut s’empêcher de penser à l’ex-président Abdoulaye Wade. Une façon aussi de rappeler que « la gouvernance démocratique n’a jamais été ignorée des pouvoirs traditionnels en Afrique », comme l’écrit le professeur Emmanuel Magou Faye en après-propos.

Par Fabien Mollon  @Jeune Afrique.com - Livres - Publié le 06 septembre 2015

Muutal, de Seydi Sow, Teham Éditions, 120 pages, 8 euros