J'ai saisi l'occasion vendredi dernier, 30 septembre 2016, de la rencontre dédicace d’Emmanuel Matateyou autour de son roman « La mer des roseaux »  pour partager mon expérience avec l’auteur et le public. C’est un livre publié en 2014 par l’équipe éditoriale que j’anime.

Voici ce que j’ai dit :

« La mer des roseaux », c'est un livre, je l'ai lu comme un livre à plusieurs facettes. Au contraire de l'indication « roman » qui est écrite sur la couverture pour guider le lecteur, c'est un livre qui porte plusieurs genres littéraires : le conte, le genre moral, le fantastique... Ces genres s'appuient sur un prétexte. Le voyage de deux amis qui mène à la découverte des espaces de convivialité où « le dire et le délire se côtoient en harmonie »; des lieux géographiques, villes et places de villes.

L’histoire : Obama et Njoya sont deux amis qui reviennent de la célébration des funérailles du grand-père de l'épouse de Njoya. Au retour, il emprunte la Toyota Hiace de Hombre, qui fait pour ce jour, la route entre Foumban et Ongola. Le prétexte de ce voyage va nous plonger dans l'univers des transports en commun, il va aussi nous facilité l'accès au vécu de plusieurs peuples dans leurs interdépendances; de la région de l'ouest, du sud et du nord du Cameroun. Ce prétexte va nous offrir un regard sur le tribalisme, sur le la défense de la condition de la femme, les intrigues du jeu politique, les faits de société que nous vivons au quotidien sans pour autant prendre du recul, les saisir et les comprendre dans la continuité d'un processus culturel et historique. 

Dans ce livre, l'ancien et le nouveau se côtoient, les âges se côtoient, l'épopée de mvet d'Eyi Mon Ndon se frotte à l'actualité politique récente. Le mystère et la froide réalité des pandémies se cotoient aussi. La chronique animalière vient à travers un personnage emprunté à l'auteur Patrice Nganang, le chien Mboudjack qui parle. Ce dernier renforce la part de mystère qu'il y a dans l'oeuvre. 

Parce que l'auteur à la facilité de restituer ce qu'il observe, dont de faire parler ses personnages comme les gens parlent dans la vie de tous les jours, c'est un livre qui nous permet de fixer un certain nombre d'expressions du vocabulaire courant. Il a la capacité de mettre en image des mots que nous employons sans avoir les repères écrits pour les définir. 

A côté de ces possibilités de lectures, il y a des personnages qui nous sont familières; malam Titawah, le guérisseur capable de soigner la maladie des quatre lettres. La jeune normalienne, belle et intelligente qui va dévier de son parcours à cause des choses du corps. La vendeuse qui propose de quoi se rafraîchir aux passagers de Hombré pendant la pause. A tous ces personnages, le narrateur donne la parole et chacun partage son expérience de vie et nourrit ainsi la nôtre.

Et l'auteur de réagir : « C'est le rêve là... voilà ! Je vous invite à rêver. C'est le bonheur que je vous donne, de partager ces moments que vous n'avez plus, quand vous êtes dans une civilisation de béton, alors là vous pouvez au moins visiter Makénéné à travers mon oeuvre. Ça c'est le rêve, que je vous donne »

Teham Wakam